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Au-delà des idéologies, l’éducation, au service de la personne
samedi 1er février 2014
par Guillaume Chomat

Long texte très intéressant du professeur Sergio Belardinelli de l’Institut Redemptor Hominis et de l’Université de Bologne prononcé vendredi matin à l’occasion du colloque organisé par la communauté de l’Emmanuel sur le thème "Education et nouvelle évangélisation".

"Ce que je veux souligner, c’est que, au sein de l’Eglise catholique, la centralité croissante de la personne humaine fait grandir la conscience évidente et prometteuse de l’importance centrale de la question éducative. Evangéliser et éduquer vont ensemble. Et cela implique que l’Eglise, hors et dans le monde catholique, devient une sorte de dernier rempart qui défend la dignité et la liberté de l’homme, et dernier rempart qui défend également la meilleure tradition anthropologique de l’Occident.

Comme le disait Benoît XVI, dans sa lettre adressée au Diocèse de Rome le 21 janvier 2008, les difficultés actuelles à éduquer dépendent d’une “mentalité et une forme de culture qui portent à douter de la valeur de la personne humaine, du sens même de la vérité et du bien et, en ultime analyse, de la bonté de la vie. Il devient alors difficile de transmettre d’une génération à l’autre quelque chose de valide et de certain, des règles qui comportent des objectifs crédibles autour desquels on peut construire sa propre vie”.

Il s’agit donc de se rappeler sans cesse qu’à la base de toute vraie action éducative il existe une question fondamentale : en quoi consiste le bien de l’homme ? Eduquer c’est finalement porter cette question aux nouveaux venus ; c’est assumer une grande responsabilité que l’on ne peut fuir, en évoquant parfois le fait que l’enfant pourrait très bien choisir lui-même quand il sera plus grand quel sera son bonheur. Il le fera de toute façon. Mais la manière dont cela adviendra, dépendra énormément de l’éducation qu’il aura reçue, même si, par chance, ce ne sera pas de manière exclusive.

A ce sujet, quelqu’un dira que, dans une société pluraliste, il existe différentes conceptions du “bien” et qu’il n’y a aucun sens à considérer l’une au l’autre comme le critère à suivre dans les pratiques éducatives. Il n’y a pas besoin qu’en souffrent le pluralisme, l’autonomie, la liberté et, par conséquent, le bonheur des individus. Au fond, ces dernières années, nous avons été trompés par le fait que pluralisme et autonomie puissent signifier une sorte de légitimation de n’importe quel style de vie. Le labeur de l’éducation a laissé place à la spontanéité capricieuse du désir. Mais aujourd’hui, nous commençons à nous rendre compte que tel ou tel critère ne fonctionne plus ou du moins est insuffisant pour garantir une vie satisfaisante, aussi bien du point de vue individuel que social. Si nous avons à coeur de vivre dans une société meilleure, dans une plus grande phase de bien-être, une meilleure qualité de vie individuelle et sociale, nous ne pouvons plus reporter à plus tard une discussion de fond sur les idées de vie bonne et de bonheur que nous entendons poursuivre. A plus forte raison quand celles-ci coïncident, tel es le cas dans le christianisme, avec la recherche du “bien du prochain”, du “bonheur des autres” (Evangelii gaudium, n. 272). Ne pas affronter ces idées, car dans notre société pluraliste ces idées sont de plus en plus controversées, signifie avoir l’attitude de l’autruche et ne pas s’apercevoir que c’est une des causes non secondaires de la crise actuelle de l’éducation, de l’évangélisation et du mal-être social actuel. Mais heureusement qu’autour de nous nous avons des témoins qui, par leur exemple de vie, nous disent qu’une autre voie est possible".


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