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"Aujourd’hui, un Sauveur nous est né : l’Emmanuel, Dieu avec nous ".
vendredi 28 décembre 2007
par Père Boutros Khalil

Chers frères et sœurs !

En cette Nuit Sainte s’accomplit l’antique promesse : le temps de l’attente est terminé, et la Vierge met au monde le Messie. Jésus naît pour l’humanité, qui est à la recherche de liberté et de paix ; il naît pour tout homme, qui est opprimé par le péché, qui a besoin du salut et qui est assoiffé d’espérance. Dans les cathédrales et dans les basiliques, comme dans les églises les plus petites et les plus reculées de toute la terre, s’élève avec émotion le chant des chrétiens : "Aujourd’hui nous est né un Sauveur" (Psaume responsorial).

Chers frères et sœurs !

En cette nuit, retentit l’annonce, ancienne et toujours nouvelle, de la Nativité du Seigneur. Elle retentit pour ceux qui veillent, comme les pasteurs de Bethléem il y a deux mille ans ; elle retentit pour ceux qui ont suivi l’invitation de l’Avent et qui, vigilants dans l’attente, sont prêts à accueillir le joyeux message. "Aujourd’hui, un Sauveur nous est né".

Cette annonce, qui possède une charge inépuisable de renouvellement, résonne en cette nuit sainte : c’est le Noël, mémoire vivante de plus de deux mille ans du Christ, de sa prodigieuse naissance qui a marqué le nouveau commencement de l’histoire. Aujourd’hui, "le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous" (Jn 1, 14).

"Aujourd’hui". En cette nuit, le temps s’ouvre à l’éternel, parce que Toi, ô Christ, tu es né parmi nous, venant d’en haut. Tu es né du sein d’une Femme bénie entre toutes, Toi, le "Fils du Très-Haut". Ta sainteté a sanctifié une fois pour toutes notre temps : les jours, les siècles, les millénaires. Par ta naissance tu as fait du temps un "aujourd’hui" de salut.

Toute l’originalité de la foi chrétienne, ce qui la différencie des autres religions est là. Ce qui la différencie en premier de la religion juive. C’est le mystère de l’incarnation. Le Fils de Dieu s’est fait homme.

Dieu, l’éternel, le créateur, le tout puissant, l’unique, le transcendant, le tout autre, apparaît dans un petit enfant qui va ensuite grandir, vivre, travailler, aimer, avant de nous révéler que nous sommes tous appelés à partager la vie divine. Avant de nous révéler que notre coeur est capable d’aimer comme Dieu aime, que notre liberté et notre conscience sont immenses, sont uniques, sont éternelles.

Six siècles après, les musulmans, qui se situent aussi dans la tradition biblique, diront et nous disent toujours que ceci est impensable, impossible. Et ils nous regardent avec une certaine pitié : comment pouvez-vous croire que Dieu s’est fait homme, que Dieu a un Fils et qu’Il nous donne l’Esprit Saint.

Et nous voici, nous, à chaque Noël, pauvres, petits, mais éblouis devant la crèche, petits comme les bergers, petits comme les enfants, nous acceptons ce don. Emerveillés. Et en plus nous croyons que Jésus Christ par sa naissance, sa mort et sa résurrection sauve tous les hommes de bonne volonté, qu’ils soient chrétiens, qu’ils soient juifs, qu’ils soient musulmans, qu’ils soient athées. Il n’en méprise aucun, et Il veut que nous n’en méprisions aucun de ses petits qui sont ses frères. C’est bien Lui, le Sauveur du Monde. Le Sauveur du monde d’aujourd’hui, de cette société en ce début de 3ème millénaire où nous avons à prendre notre responsabilité et à vivre notre foi.

Mais l’humanité de notre temps attend-elle encore le Sauveur ? On a la sensation qu’un grand nombre de personnes considèrent Dieu comme étranger à leurs propres intérêts. Elles n’ont apparemment pas besoin de Lui, elles vivent comme s’il n’existait pas et, pire encore, comme s’il constituait un « obstacle » à éliminer pour se réaliser soi-même. Même parmi les croyants, — nous le savons — certains se laissent attirer par des chimères fascinantes et distraire par des doctrines erronées qui proposent des raccourcis pour obtenir le bonheur. Pourtant, malgré ses contradictions, ses angoisses et ses drames, et peut-être précisément en raison de ceux-ci, l’humanité cherche aujourd’hui une voie de renouveau, de salut, cherche un Sauveur et attend, parfois inconsciemment, l’avènement du Sauveur qui renouvelle le monde et notre vie, l’avènement du Christ, l’unique véritable Rédempteur de l’homme et de tout l’homme. Certes, de faux prophètes continuent de proposer un salut « à bas prix », qui finit toujours par engendrer des déceptions cuisantes. L’histoire des cinquante dernières années démontre précisément cette recherche d’un Sauveur à « bas prix » et souligne toutes les déceptions qui en sont issues. Notre tâche de chrétiens est de diffuser, à travers le témoignage de notre vie, la vérité de Noël, que le Christ apporte à chaque homme et à chaque femme de bonne volonté. Naissant de la pauvreté de la crèche, Jésus vient pour offrir à tous cette joie et cette paix qui seules peuvent combler l’attente de l’âme humaine.

Mais comment nous préparer et ouvrir notre cœur au Seigneur qui vient ? L’attitude spirituelle de l’attente vigilante et priante reste la caractéristique fondamentale du chrétien en ce temps de l’Avent. C’est l’attitude qui caractérise les protagonistes de l’époque : Zacharie et Elisabeth, les pasteurs, les Rois Mages, le peuple simple et humble. En particulier, l’attente de Marie et de Joseph ! Ces derniers, plus que tous les autres, ont éprouvé personnellement l’anxiété et l’agitation pour l’Enfant qui devait naître. Il n’est pas difficile d’imaginer comment ils ont passé les derniers jours, dans l’attente de serrer le nouveau-né dans leurs bras. Que leur attitude soit la nôtre, chers frères et sœurs ! Ecoutons, à ce propos, l’exhortation de saint Maxime, évêque de Turin : « Alors que nous nous préparons à accueillir le Noël du Seigneur, revêtons-nous d’habits sans taches. Je parle des vêtements de l’âme, non pas de ceux du corps. Ne nous habillons pas avec des habits de soie, mais avec des œuvres saintes ! Les vêtements fastueux peuvent couvrir les membres, mais n’ornent pas la conscience ».

Chers frères et sœurs !

En naissant parmi nous, que l’Enfant Jésus ne nous trouve pas distraits ou simplement occupés à embellir nos maisons avec des illuminations. Préparons plutôt dans notre âme et dans nos familles une demeure digne, où Il se sentira accueilli avec foi et amour. Que la Vierge et saint Joseph nous aident à vivre le mystère de Noël avec un émerveillement renouvelé et une sérénité pacifiante. Avec ces sentiments, je désire former les vœux les plus fervents d’heureux et saint Noël pour vous tous, ici présents, et pour vos proches, avec une pensée particulière pour ceux qui sont en difficulté ou qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit. Joyeux Noël à vous tous ! (Audience générale du 20/12/2006)

Amen.


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